legiondhonneur

Par Jean Ortiz

L’horreur, il aimait çà le « bouffon » fasciste et ventripotent  qui ensanglanta l’Espagne jusqu’à sa mort en novembre 1975. La « légion d’horreur », il en mérite une et même une tripotée. 

Mais la « légion d’honneur » pour crimes de guerre… Cela la salit. Franco commande depuis 1923 les « africanistes », les sabreurs et coupeurs de têtes du « Tercio » : la légion. Elle sent bon, en Espagne aussi, le sable chaud dégoulinant de sang.
La légion, bras colonial de l’Espagne, et la France de la Troisième République, sont engagées dans une guerre coloniale, atroce comme toutes le furent, et trop souvent reléguée : la « Guerre du Rif » (1921-1926), contre ce qu’il est convenu de mal nommer « la République rifaine d’ABDELKRIM ». Contre la soumission aux Espagnols. Les deux puissances colonisatrices la France (à partir d’avril 1925) et l’Espagne (de 1921 à 1926), y rivalisent de violence, de racisme, et finissent par écraser l’insurrection anticoloniale qui menace le « protectorat marocain ». La guerre marque au fer rouge la construction du Maroc contemporain et porte en Espagne le dictateur Primo de Rivera au pouvoir, sous la houlette du roi bourbonneux Alphonse XIII, arrière grand-père de l’actuel Philippe VI, (Felipe Juan Pablo Alfonso de Todos los Santos de Borbón y Grecia), roi « new look » selon les médias.
Franco, « le plus jeune des généraux espagnols » de l’époque, fit ses classes dans ce « matadero » (abattoir) du Rif, et s’initia à la « guerre totale », appelée également « guerre d’extermination ». Brillant élève, il apprit vite, décrocha un master en cruauté, et engagea son ascension politico-militaire… Une véritable armée « européenne », commandée par Pétain, un corps expéditionnaire français de milliers de militaires peu soucieux des conventions de guerre, animés pour la plupart d’un solide esprit raciste, vint à bout des rebelles, des « barbares », et leur imposa, enfin, la « civilisation ».
La Troisième République coloniale, bonne mère reconnaissante, célébra la victoire sur Abdelkrim sous l’Arc parisien le 14 juillet 1926 ; la fine fleur de la politicaillerie y fit la roue… Le président du Conseil, Aristide Briand, celui qui célébra « l’œuvre de civilisation » accomplie au Rif magrébin (futur Prix Nobel) , se pavanait, entouré des E. Herriot, P . Doumergue, P . Pétain, du sultan du Maroc, et pour représenter l’Espagne : le dictateur Primo de Rivera, adoubé par le roi Alphonse XIII, « chassé » par la République en avril 1931. Désormais, Pétain, gratifié de la médaille militaire espagnole, accéléra sa stratégie fascisante et Franco lorgna de plus en plus vers Mussolini. Les deux compères s’aimaient et s’aimèrent d’amour tendre (plagiat).
 
En France, le parti communiste, les surréalistes, sauvèrent l’honneur grâce à leur solidarité. Au gouvernement, le « Cartel des gauches »… La France officielle, celle des élites, du patronat, de la banque, s’acoquina à tel point avec Franco qu’elle lui remit le 22 février 1928, la légion d’honneur (nommé « officier » par la Chancellerie) et le fit même « commandeur » le 26 octobre 1930.
Un citoyen ami, de Mazamet, ancien consul, et avec lui des associations mémorielles de l’exil, exigent que l’affront soit lavé sans tarder, que le président de ce qu’il reste de République et la Chancellerie retirent par décret post mortem à Franco, au « boucher des Asturies » et de l’Espagne, la plus haute distinction française. C’est possible par décret (dans les textes) si le décoré devient imprésentable, infréquentable… donc : pas d’arguties, aucun prétexte Monsieur le Président !!
L’association ASEREF a lancé une pétition (voir son site) adressée à F . Hollande. En cette année « anniversaire » de la Guerre d’Espagne, ce geste honorerait la France et rendrait hommage à tout ce qu’elle doit à l’exil républicain des Espagnes. Aux « rouges ». Oui aux « rouges », cocos, anars, socialistes, simples républicains, antifascistes espagnols, poumistes, azagnistes, nationalistes progressistes catalans et basques, féministes, intellectuels, artistes, prolétaires…
Si vous avez oublié votre gauche, (l’eûtes-vous un jour ?) Monsieur le Président, l’exil républicain espagnol et ses descendants, eux, ne sont pas devenus, par calcul politique, amnésiques.
 
P.S  Les textes stipulent que la « légion d’honneur »peut  être retirée en cas de condamnation pénale du « légionniste » ou d’actes qu’il aurait commis, contraires à l’honneur, ou de manière à nuire aux intérêts de la France…
La source: L’Humanité
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