375419_10151200091773742_1845788943_nLes Surréalistes ne furent pas (qu’) une bande d’hurluberlus, une avant-garde d’artistes traînant leurs savates sur Saint-Germain, une clique de poètes maudits narcissiques et coupés du monde. Ce sont là des images d’Epinal destinées aux étudiants des Beaux-Arts. La « bande à Breton », au sortir de la première guerre mondiale, avait une conscience aiguë des maux de son époque. Aussi savait-elle prendre des risques. Elle s’est ainsi engagée à corps perdu contre le colonialisme, et tout particulièrement contre la guerre du Rif qui sévissait dans les années ’20. Cette guerre, dont Abdelkrim fut la figure majeure, annonciatrice des mouvements de décolonisation d’après-guerre, sonnait le glas d’une prétendue supériorité ontologique de l’Occident… Cette guerre fut le prélude aux sanglots longs de « l’homme blanc » !

« L’idée de patrie nous répugne, le patriotisme est une hystérie » « la France n’existe pas ! » « Nous n’acceptons pas l’esclavage que fait peser sur le monde la haute finance internationale, nous n’acceptons pas les lois de l’économie et de l’échange, nous sommes des barbares puisque cette sorte de civilisation nous écœure, nous nous déclarons en insurrection contre l’histoire » « Non seulement l’appareil de guerre moderne est mis en branle contre les peuplades soulevées, mais on demande aux intellectuels de justifier la répression. » « Nous souhaitons de toutes nos forces, que les révolutions, les guerres et les insurrections coloniales viennent anéantir cette civilisation occidentale dont vous défendez jusqu’en Orient la vermine, et nous appelons cette destruction comme l’état de choses le plus acceptable pour l’esprit. » « Vivent les Rifains !» « Vive Abdelkrim ! » (André Breton )

« Nous aurons raison de tout. Et d’abord nous ruinerons cette civilisation qui vous est chère, où vous êtes moulés comme des fossiles dans le schiste. Monde occidental, tu es condamné à mort. Nous sommes les défaitistes de l’Europe, prenez garde, ou plutôt non : riez encore. Nous pactiserons avec tous vos ennemis, nous avons déjà signé avec ce démon le Rêve, le parchemin scellé de notre sang et de celui des pavots. Nous nous liguerons avec les grands réservoirs de l’irréel. Que l’Orient, votre terreur, enfin, à notre voix réponde. Nous réveillerons partout les germes de la confusion et du malaise. Nous sommes les agitateurs de l’esprit. Juifs, sortez des ghettos. Bouge, Inde aux milles bras, grand Brahma légendaire. A toi, Egypte. Soulève-toi, monde. Riez bien. Nous sommes ceux-là qui donneront toujours la main à l’ennemi. » (Louis Aragon)

« Tuer n’est jamais voler.
Un bâton pour lui, un drapeau pour toi, les coups pour les autres.
Une arme suffit pour montrer la vie.
Tout ce qui vole n’est pas rose.
Avant le déluge, désarmez les cerveaux.
Un clou chasse Hercule.
Qu’ils soient sans canne ou qu’ils ne soient pas.
Incendie et mitrailleuse sont les deux mamelles de la France.
Les aigles ne se prennent pas avec les mots.
Duvet cotonneux des médailles.
Honore Sébastien si Ferdinand est libre. » (Paul Eluard )

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